
Clap de Paname : une soirée entre écriture, prises de parole et images en mouvement
Le 5 mars 2026, au cinéma Les 7 Batignolles, Clap de Paname mettait à l’honneur de jeunes auteur·rice·s de court-métrage à travers une soirée de pitchs et de projections, entre écriture, émergence et culture cinématographique.
Chirill COSTIUC
3/5/20263 min read



Le 5 mars 2026, le cinéma Les 7 Batignolles accueillait une soirée consacrée à l’écriture et à l’émergence de nouveaux regards de cinéma. Organisé par Clap de Paname, l’événement réunissait les auteur·rice·s accompagné·e·s dans le cadre de la résidence d’écriture courts-métrages 2025-2026, pour une session de pitch suivie d’une projection de clips réalisés l’année précédente.
Au cœur de la soirée, il y avait d’abord un exercice aussi fragile qu’essentiel : celui de prendre la parole pour défendre un film encore en devenir. Quatorze auteur·rice·s de court-métrage ont ainsi présenté leurs projets devant un jury composé de Manifest, de Sarah Talpaert pour Transpa Group, et de Patrick Hernandez pour Next Film Distribution. En quelques minutes, chacun·e devait faire exister un univers, une tonalité, une nécessité. Le pitch est toujours un moment particulier du cinéma : avant même le tournage, avant même l’image, tout repose sur la capacité d’un récit à se transmettre, à susciter une vision, à faire entendre une voix.
Cet exercice, souvent perçu comme technique ou professionnel, rappelle pourtant quelque chose de très simple : le cinéma naît aussi de la parole. Il commence parfois dans une salle, face à des inconnus, lorsqu’un projet s’énonce pour la première fois de manière publique. Ce type de rendez-vous permet justement de mesurer à quel point l’écriture reste un lieu décisif de création. Derrière chaque présentation, il y a une manière singulière d’habiter le monde, de choisir un sujet, un rythme, une tension, une adresse au spectateur.
À l’issue de cette session, une bourse d’accompagnement à la réalisation a été attribuée à l’un des projets présentés. Mais au-delà de la dimension compétitive, ce sont surtout les trajectoires en construction qui retenaient l’attention. Une telle soirée ne se résume pas à désigner un lauréat : elle donne aussi à voir une génération de récits en train de se chercher, de s’affirmer, parfois de se transformer au contact d’un public, d’un jury, d’un échange.
La seconde partie de la soirée prolongeait d’ailleurs cette idée en passant de la parole à l’image. Le public a pu découvrir les clips produits par Clap de Paname dans le cadre des résidences 2024-2025. Ce passage du projet imaginé à l’objet filmé donnait une autre profondeur à l’événement. Voir ces réalisations après avoir assisté à des pitchs, c’était percevoir concrètement ce que devient une intuition lorsqu’elle trouve sa forme. Les clips projetés rappelaient que les espaces d’accompagnement ne servent pas seulement à structurer des dossiers ou à préparer des rencontres professionnelles : ils participent aussi à faire exister des œuvres, à leur donner un premier lieu de visibilité, un premier dialogue avec des spectateurs.
Ce genre de soirée occupe une place importante dans l’écosystème culturel, parce qu’elle relie plusieurs temps du cinéma souvent séparés : l’écriture, la rencontre, la projection. Elle permet aussi de rendre plus visible une étape habituellement discrète, celle où les films ne sont pas encore des films, mais déjà bien plus qu’une idée. Il y a dans ces moments une forme de promesse, mais aussi une réalité très concrète : celle du travail des auteur·rice·s, de leur persévérance, de leur capacité à porter une proposition jusqu’à sa forme la plus juste.
Pour nous, cette soirée faisait aussi écho à une présence plus ancienne auprès de Clap de Paname. En septembre 2025, nous avions déjà pu assister au festival Clips de Paname. Les interviews réalisées à cette occasion sont d’ailleurs toujours disponibles sur nos réseaux sociaux. Cette continuité de regard est précieuse : elle permet de suivre non seulement des événements, mais aussi des dynamiques culturelles, des artistes, des projets et des façons de faire circuler les œuvres.
À l’heure où l’on parle souvent du cinéma à travers ses résultats, ses sorties ou ses chiffres, il est important de continuer à regarder ce qui se joue en amont : les espaces où les récits se construisent, où les auteur·rice·s prennent confiance, où les films commencent à rencontrer le monde avant même d’être tournés.
